Artiste
J’ai longtemps eu l’impression qu’il y avait bien moins de musiciens que d’écrivains homos. Cela tient, en fait, au type de production : on se rend plus facilement accessible dans des mots que par des notes. Pourtant, à la réflexion, on saisit le sens du voyage, de l’amitié, du cœur qui pesait et ce rôle des voix masculines chez Schubert, chantant lui-même d’"une voix inhabituellement haute… faible mais très agréable."
Cette écoute des lieder n’est sans doute pas la clé du tableau de Klimt. On y voit un hommage au compositeur. Un sujet de création, aussi. Schubert, verticale supplémentaire dans cette absence de relief se détache, paisible, sur une des masses du tableau, sombre celle-ci. Il devient objet de complexité ésotérique. Son profil, anachronique par ses vêtements, contraste avec les figures féminines (même si le troisième chanteur est un homme) tendres et intimes, peut-être moins érotisantes que d’habitude. On retrouverait le Schubert dit plus haut dans ce rapport au féminin. Libre au spectateur de mettre de lui-même dans ce qui lui est montré, bien sûr.
Tout cela, enfin, parce que je reçois
Mon Voyage d’hiver de Vincent Dieutre. On verra si, dans ce film annoncé gay-ment mélancolique, le rapport au musicien va au-delà du titre et de l’accompagnement musical.
Gustav Klimt,
Schubert au piano, huile détruite en 1945.
16/04/08 - 14:52
Merci, j'aime beaucoup Klimt.
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