DES IMAGES

13/03/2008

13/03/08 - 23:26

Flirt espagnol, V.O.


(Velàzquez, 1623-1624, détail, Prado.)

A Saragosse, en janvier 1661, Jusepe Francìn, musicien contralto de trente ans, employé par la cathédrale de la ville, s’installe sur un banc de pierre près du pont de la comtesse de Guimarans, finissant une promenade. Il s’assoit à côté d’Ignacìo Jordàn, déjà sur le banc. Au bout d’un moment, comme s’il s’agissait d’un jeu, Jusepe Francìn prend la main de son voisin dans la sienne : "cette main, c’est à qui… c’est pas la mienne ?" Il précise : "les quatre humeurs se mélangent en une seule pour qu’il m’aime." Jòrdan, à l’aise, répond dans le même ton. Plus tard, au moment de se quitter, ils se tiennent de nouveau la main, n'ayant pas quitté leur banc.

Rentrant chez lui le lendemain, le musicien est informé de la visite de Jordàn qui le cherchait. Ils se retrouvent dans l’après midi et partent ensemble voir un peintre. Cheminant côte à côte rue de l’hôpital, Jusepe Fràncin demande à Jòrdan ce qu’ont été ses rêves de la nuit et dans quels sentiments il s’est endormi. "Tu me le demandes ? Tu le sais bien…" Jòrdan ajoutera : " hombre, qu'est-ce que tu m'as fait ? Ce qui me tue, brave pédé [picarito], c’est toi."
Devant la maison du peintre, pensant ne pas être vus, ils s’embrassent.

Rien, encore, ne pouvait être retenu par l’Inquisition : l’interrogatoire de Francìn s’efforce bien de le montrer, marquant aussi, même, le "plaisir de retracer les moments forts de ce qui fut un indéniable coup de foudre".
Des choses très contemporaines, finalement, avant une perception sociale de l’"homosexualité" dans la seconde moitié du XIXème siècle.

(La rencontre de Francìn et Jordàn est rapportée dans André Fernandez, Au nom du sexe, Inquisition et répression sexuelle en Aragon (1560-1700), L’Harmattan, 2003, pp. 293-294.)

commentaires

15/03/08 - 00:52

Ce jeune a besoin d'un bonne crème hydratante.

23/03/08 - 01:00

je suis un grand fan de de la peinture Velàzquez !!! que j'ai adoré en visitant le Prado il y a quelques temps ( oup's le temps qui passe )
Jean-Baptiste

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