22/08/2008Double-Face
Cet athlète est rangé près des dépendances du Musée national d’Athènes. Il avait sans doute eu la mauvaise idée de partir en mer, et puis de faire naufrage, et de ne s’ensabler qu’à moitié. De quoi commencer une nouvelle vie en tous cas, qui n’est plus celle imaginée par le sculpteur. Au moignon tendu pour s’extraire (et se faire remarquer) s’ajoute alors l’effet d’une chiure d’oiseau au coin de l’oeil. Objets inanimés.
Le dernier Batman est aussi très regardable.
20/08/2008Mordant
Sur le fronton ouest du temple d’Olympie les centaures, ivres comme des cochons aux noces de Pirithoos, entreprenaient d’enlever la mariée, et puis les femmes de Lapithes, et puis les jeunes gens pour faire bonne mesure.
Même s’il semble avoir fort à faire, on doute que le centaure qui entame un bras à belles dents maîtrise bien sa technique.
17/08/2008Photophore
Ossios Loukas, tendant la main vers la claustra.
Le voyage en Grèce : voici une belle occasion de s’approvisionner en lumière pour les brouillards d’ici, l’hiver.
Reste à identifier le saint personnage : tant que je ne vois rien, dans les caractères grecs, ayant l'apparence d'un petit nom on pourrait l’appeler Palamède, par exemple. 26/07/2008Baptiste local
On le voit comme ça, au bord d’une rue d’ici, proposé aux passants sous prétexte de saint Jean-Baptiste, ne fréquentant pas le coiffeur et sans sous-vêtements (qui ne contiendraient rien, d’ailleurs, voit-on en se penchant un peu).
Le T-shirt en poils de chameaux est celui du saint habituel. Le miel et le lait des joues, du torse et des cuisses rappellent peu l’ascète originel, grillé au Désert et nourri de sauterelles (essentiellement).
La poussière est contemporaine.
23/06/2008Eduquer
Ouvrez une des premières éditions du Vicomte de Bragelonne (Marescq et Cie, libraires, 1852), roman qui n’était pas particulièrement destiné à la jeunesse, mais qui y fut rapidement diffusé avec les autres histoires de d’Artagnan. On tombe sur une gravure représentant le frère de Louis XIV ; son amant, le chevalier de Lorraine, illustre la page suivante. Le texte de Dumas ainsi accompagné est instructif, pas particulièrement "homophobe" en ce qu’il correspond au personnage historique, mais contre-exemple proposé avec une insistance pénible :
"Monsieur continua à se mettre du rouge ; puis, quand il eut fini, il regarda encore le portrait, puis se mira dans la glace et sourit. Sans doute il était satisfait de la comparaison."
Comme modèle éducatif, on préfère un texte qui a tardé, élément de la circulaire de préparation de la rentrée scolaire 2008, tranchant avec la gêne et le silence d'habitude de mise :
"9 - Lutter contre toutes les violences et toutes les discriminations, notamment l’homophobie.
L’école doit offrir à tous les enfants des chances égales et une intégration réussie dans la société. Sa mission est donc aussi de promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes, de permettre une prise de conscience des discriminations, de faire disparaître les préjugés, de changer les mentalités et les pratiques. Au sein des établissements, une importance particulière devra être accordée aux actions visant à prévenir les atteintes à l’intégrité physique et à la dignité de la personne : violences racistes et antisémites, violences envers les filles, violences à caractère sexuel, notamment l’homophobie.
Par tous les moyens, prévention et sanction, la lutte contre la violence dans et autour des établissements demeure une priorité absolue."
14/06/2008Le référendum et les gnomes, éléments de comparaison
Ambroise Fredeau, supposé rendre les visions horrifiques du bienheureux Guillaume de Toulouse (Musée des Augustins, Toulouse) anticipait aussi, à sa façon, l’esprit européen assailli dernièrement d’Irlandais "anti", malmenant autant la tête que le texte.
On sait la contrée fameuse pour ses leprechauns, gnomes fabuleux, campant sur un chaudron de pièces d’or et se consacrant essentiellement à sa défense contre tout élément extérieur.
Dans le même ordre d'idée et de façon presque aussi argumentée, on déconseille de se mettre au lit avec un Irlandais :
"Le grand homme avait un membre viril fort dur et noir, et de telle grosseur qu’elle en endurait grande douleur, quand il avait sa compagnie parce que son dit membre était dur comme un caillou et froid."
(Aveux de Françoise Fontaine, jugée dans la ville voisine de Louviers, en 1591, qui, entre autres choses, avait couché quatre fois avec de diable.)
08/06/2008Qu'elle se casse !
Comme les Irlandais hésitent sur le traité de Lisbonne ("Je n’y comprends rien, mais comme fermier, mon instinct est plutôt de dire non") on rappelle la situation à Bruxelles : ces commissaires européens ennemis de la démocratie, conspirant contre la nation, vomissant le social, ruinant la famille traditionnelle, faisant la joie du grand capital et d’un plombier polonais sauvage, pulpeux et velu, qu'ils baignent chaque soir dans 120 litres de lait non écrémé volés aux nourrissons et aux grabataires.
Rembrandt, 1632, Getty Museum (rappel du rôle que tiennent aussi les USA).
01/06/2008Expérience pratique pour vérifier une virginité
"Donnez luy un peu de bois d’aloes pulvérizé à boire ou à manger. Si elle est vierge, pissera incontinent."
(Joubert, Erreurs populaires touchant la médecine et le régime de santé, Rouen, 1600-1601.)
On ne dit pas si cela fonctionne chez l'individu de sexe masculin.
Hendrik Goltzius, Adonis, 1609, Rijksmuseum, Amsterdam.
08/05/2008Abstinence
La matière corporelle a son attrait, le même que celui du personnage de gauche sur cette œuvre de Lucian Freud. Le modelé, les empâtements argentés et le velouté sombre sont à comparer au rose lisse des saints et des anges dans certaines oeuvres : sont-ce eux les individus que Dieu a fait "à son image" ?
L'Eglise catholique n'est théoriquement pas homophobe, c’est la sexualité en général qui est condamnée. Plus encore quand elle se fait entre individus du même sexe, quand elle ne peut pas avoir pour objet la reproduction (tout de même nécessaire) : l'intempérance est là manifeste. Dire cela n’est pas relativiser : loin d’être périphérique, la relation aux "gays" se trouve ainsi placée au cœur de ce qui guide les "pasteurs", depuis saint Paul et saint Augustin.
Intéressante position de la main du personnage de droite.
01/05/2008Contrastes et nuances
La fantaisie, ici celle du décor, banc chantourné orange avec assise bleue, tige de tournesol, topiaires et fabriques variés, ajoute davantage à la réalité qu’elle ne lui enlève. On peut, aussi, apprécier le contraste, ici entre le paysage et son occupant (sans doute un des soignants de la clinique où séjournait Richard Dadd) n’exposant vraiment, alangui sur son banc, ni la douceur de sa poitrine, ni sa touffeur pubienne. L’addition des façons de ressentir, outre qu’on peut en aimer le côté bizarre, a, plus généralement, l’avantage de nuancer les choses, d’établir une distance. Elle est souvent moins inquiétante que ne peut l’être une peinture.
Nuances et complexité, évitant les contresens, ce serait l’essentiel. Comme, loin de l’oeuvre (malgré le fez sur le banc et un aspect vaguement exotique), ce qu’il faut intégrer pour se faire une idée de la Chine des JO. Loin aussi de la politique française, de temps en temps sur GA ("utiliser les boyaux du dernier centriste pour pendre le dernier DSKiste").
Richard Dadd, 1852, Tate Galleries, huile sur toile.
20/04/2008Aussi
Malgré la tentation, j’étais parvenu à résister à la moustache, à la tenue baggy, ou strait, aux colifichets, et à imposer le tout à un clone. Mais, c’est un fait, parmi d'autres : j’ai la main verte, je suis gay...
Tilly Kettle, Choudja-A-Ed-Doulah et Myrza-Mani, 1772, Château de Versailles.
18/04/2008Métamorphose (et ironie)
On annonce la disparition programmée du chromosome Y, celui qui fait qu’un homme n’est pas une femme (dans un délai de 75 millions d’années).
Ce n’est pas le gentilhomme de Nicholas Hilliard, ci-dessus, qui sauverait la situation, lui dont on jurerait qu’il se transforme en pâquerette, fleur de saison, longue tige sous une petite corolle (ici déguisée en fraise), au corps absorbant le feuillage des rosiers environnants. La mutation ne se fait pas sans émotion : une main sur le cœur l’indique, mieux que le regard vague posé sur sa propre dissolution. Drôle de forme pour l’œuvre elle-même, qui n’est ni circulairement féminine, ni le rectangle de bon aloi pointant vigoureusement vers le cieux qui pourrait être de mise.
Vision farfelue de la miniature d’Hilliard ? On en trouve d’autres qui, se basant sur le nombre de pétale des roses et sur la couleur des vêtements, se demandent si l’amour du personnage n’est pas la reine Elisabeth, et l’homme lui-même, par contre-coup, un deuxième comte d’Essex. Une autre fois on montrerait bien que le mutant en pâquerette est plutôt le jeune homme des Sonnets, le vrai auteur des pièces de Shakespeare (et de celles de Molière), ou bien Claude Allègre travesti.
Nicholas Hilliard, Jeune Homme dans la roseraie, Victoria & Albert Museum. La devise, en haut de la miniature n’ajoute rien, sinon un rappel de la fonction de l’objet : "Dat poenas laudata fides" (« Ma foi louée provoque ma douleur » ?). On espère qu’ils parlent de ça, dans le virage du Parc des Princes, quand ils ne tricotent pas des banderoles
16/04/2008Artiste
J’ai longtemps eu l’impression qu’il y avait bien moins de musiciens que d’écrivains homos. Cela tient, en fait, au type de production : on se rend plus facilement accessible dans des mots que par des notes. Pourtant, à la réflexion, on saisit le sens du voyage, de l’amitié, du cœur qui pesait et ce rôle des voix masculines chez Schubert, chantant lui-même d’"une voix inhabituellement haute… faible mais très agréable."
Cette écoute des lieder n’est sans doute pas la clé du tableau de Klimt. On y voit un hommage au compositeur. Un sujet de création, aussi. Schubert, verticale supplémentaire dans cette absence de relief se détache, paisible, sur une des masses du tableau, sombre celle-ci. Il devient objet de complexité ésotérique. Son profil, anachronique par ses vêtements, contraste avec les figures féminines (même si le troisième chanteur est un homme) tendres et intimes, peut-être moins érotisantes que d’habitude. On retrouverait le Schubert dit plus haut dans ce rapport au féminin. Libre au spectateur de mettre de lui-même dans ce qui lui est montré, bien sûr.
Tout cela, enfin, parce que je reçois Mon Voyage d’hiver de Vincent Dieutre. On verra si, dans ce film annoncé gay-ment mélancolique, le rapport au musicien va au-delà du titre et de l’accompagnement musical.
Gustav Klimt, Schubert au piano, huile détruite en 1945.
10/04/2008Miniature
Les miniatures relèvent du domaine de l’intime, ne serait-ce que par leur format. Celle-ci se distingue pourtant : il n’est pas courant que le modèle se détache sur fond de flammes, en chemise. Le contexte rendait sans doute aussi compte du geste : le personnage présente lui-même un médaillon.
L’image illustrerait bien le petit livre de Donald Foster que je finis et qui laisse une impression proche. Il propose d’attribuer les initiales W.S., désignant l’auteur d’une élégie funèbre publiée en 1612, à Shakespeare. On identifierait aussi l’homme célébré par W. S. dans son texte, William Peter, comme le jeune homme des Sonnets. La chose pourrait être plus stimulante que les raccourcis appétissants des sagas actuelles sur les Tudor.
William Peter avait été tué le 25 janvier 1612, à vingt-neuf ans, au terme d’une après-midi de beuverie avec deux frères, hobereaux voisins. Au retour, à cheval, l’aîné qui voulait depuis longtemps prendre le premier pas, lui plante son épée dans le crâne :
"- Il va vite, mais j’irai plus vite que lui et je lui donnerai une estafilade avant qu’il soit arrivé."
William Peter et Shakespeare auraient pu se rencontrer à Oxford en 1599-1600. Peter y aurait été l’ami de l’auteur, comme le compagnon de lit d’une femme dont le nom n’est pas donné.
Ces identifications ont été contestées ; on retiendrait en tous cas du livre de Foster la réflexion sur les personnages des Sonnets. Peu de chance que la "dame" brune, "vague que tous les hommes chevauchent", soit l’aristocrate qu’on cherche d’habitude. Peu de chance aussi que le jeune homme soit le comte de Southampton. Cette attribution traditionnelle semble, d’ailleurs, tenir pour plus honorable les subsides obtenus d’un protecteur qu’on incite à procréer que la déclaration d’un amour homosexuel.
Issac Olivier ou Nicholas Hilliard, Inconnu sur fond de flammes, aquarelle sur parchemin, Victoria & Albert Museum.
Donald W. Foster, W[illiam] S[hakespeare], Elégie funèbre, 1996.
01/04/2008Relativisme orientalisant
Miniature moghole : Djahangir rendant visite à un saint homme, XVIIIème siècle.
Les Manusmriti, code consignant des règles de conduite du brahmanisme orthodoxe, condamnent aussi bien les relations homos que celles, hétéros, mises en œuvre dans une charrette tirée par une vache. Drôle de façon de voir : la première infraction peut sembler tellement vénielle comparée à charrette tractée ! 30/03/2008Prostitués fin de siècle
A droite, Violette, en fait nommée Gabrielle au moment de sa naissance à Tulle, vingt-quatre ans plus tôt. Elle est sans doute photographiée dans la maison close de la rue des Pans-de-Gorron, au Mans, dont elle était pensionnaire. Elle en porte en tous cas la tenue : chemise, jupon et jarretières. Contre elle se tient André, employé de commerce au Mans, fréquentant la maison depuis quelques temps.
La photo est conservée, avec leurs quelques courriers, aux archives municipales du Mans : ils avaient décidé de se tuer ensemble, une nuit de novembre 1914. Après s’être enivrés de champagne et de cocaïne, André tire sur Violette, sans la tuer (l’ivresse ?). Retournant l’arme, il ne se manque pas. L’employé de commerce devait se présenter cinq jours plus tard devant le conseil de révision, avant un éventuel départ pour le front. Tout le monde ne peut pas être Lazare Ponticelli.
Sur les listes de "morts pour la France" on m’indique le nom de Raoul Sueur, tué à l’ennemi en Champagne, le 10 janvier 1916. Ce Parisien, garçon crémier célibataire, est cité dans d’autres circonstances par Régis Revenin. En avril 1907, il était découvert derrière les rideaux d’une chambre, au deuxième étage d’une maison de tolérance, 68 rue du Château-d’Eau (Paris, Xème), officiellement seulement hétérosexuelle. Dans la pièce se trouvaient aussi deux pensionnaires féminines, en peignoir de fantaisie. Raoul Sueur avait suivi une première fois dans la maison un homme rencontré sur les grands boulevards, lieu de drague connu. La tenancière lui avait proposé de revenir, « lui disant qu’il aurait 2 francs chaque fois qu’il ferait le "voyeur" et 5 francs lorsqu’il remplirait un rôle dans une partie d’homme. »
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Jacques Termeau, Maisons closes de province, Editions Cénomane, 1986.
Régis Revenin, Homosexualité et prostitution masculines à Paris, 1870-1918, L’Harmattan, 2005.
13/03/2008Flirt espagnol, V.O.
(Velàzquez, 1623-1624, détail, Prado.)
A Saragosse, en janvier 1661, Jusepe Francìn, musicien contralto de trente ans, employé par la cathédrale de la ville, s’installe sur un banc de pierre près du pont de la comtesse de Guimarans, finissant une promenade. Il s’assoit à côté d’Ignacìo Jordàn, déjà sur le banc. Au bout d’un moment, comme s’il s’agissait d’un jeu, Jusepe Francìn prend la main de son voisin dans la sienne : "cette main, c’est à qui… c’est pas la mienne ?" Il précise : "les quatre humeurs se mélangent en une seule pour qu’il m’aime." Jòrdan, à l’aise, répond dans le même ton. Plus tard, au moment de se quitter, ils se tiennent de nouveau la main, n'ayant pas quitté leur banc.
Rentrant chez lui le lendemain, le musicien est informé de la visite de Jordàn qui le cherchait. Ils se retrouvent dans l’après midi et partent ensemble voir un peintre. Cheminant côte à côte rue de l’hôpital, Jusepe Fràncin demande à Jòrdan ce qu’ont été ses rêves de la nuit et dans quels sentiments il s’est endormi. "Tu me le demandes ? Tu le sais bien…" Jòrdan ajoutera : " hombre, qu'est-ce que tu m'as fait ? Ce qui me tue, brave pédé [picarito], c’est toi."
Devant la maison du peintre, pensant ne pas être vus, ils s’embrassent.
Rien, encore, ne pouvait être retenu par l’Inquisition : l’interrogatoire de Francìn s’efforce bien de le montrer, marquant aussi, même, le "plaisir de retracer les moments forts de ce qui fut un indéniable coup de foudre".
Des choses très contemporaines, finalement, avant une perception sociale de l’"homosexualité" dans la seconde moitié du XIXème siècle.
(La rencontre de Francìn et Jordàn est rapportée dans André Fernandez, Au nom du sexe, Inquisition et répression sexuelle en Aragon (1560-1700), L’Harmattan, 2003, pp. 293-294.) 11/03/2008Claude François is alive
On remarquera les objets à ses pieds, apparentant cependant ce portait postume à une des biens connues Vanités.
(Gerard ter Borch, portrait-mémorial de son demi-frère, Moses ter Borch, c. 1668, Rijksmuseum à Amsterdam.) 06/03/2008Interprétation
Pieter Codde. La Mélancolie, huile sur bois, musée des Beaux-Arts de Lille.
Le personnage prend la pose traditionnelle du mélancolique, près de ses volumes. Problème de connexion ADSL ou bien méditation sur la valeur sociale de l’amour gay ? La position générale du personnage, de son bras gauche, l’absence d’expression, le monochrome terreux, donneraient au tableau le sens mélancolique du titre retenu.
Ou peut-être pas. Peut-être le personnage attend-il simplement de pouvoir rallumer sa pipe ; ou bien est-il perplexe, comme je l’étais tout-à-l'heure, tâchant de lire entre les lignes de mon Robert (édition 1990) :
« AMOUR [amur]. n. m. (…) 3°. Inclination envers une personne, le plus souvent à caractère passionnel, fondée sur l’instinct sexuel mais entraînant des comportements variés. (...) Equivalent de ce sentiment dans le cas d’homosexualité. "Qui donc devant l’amour ose parler d’enfer !" (Baudel.). »
Peut-être pas de quoi se poser le poing sur la tempe ; on espère cependant que les dernières mises à jour du dictionnaire assimilent davantage les variantes amoureuses, hétéro et homo.
03/03/2008Marc Papillon de Lasphrise
"Le Palladin heureux couronnera son chef
De Palmes, de Lauriers, de Myrtes et de Charmes,
Il me suffist qu’ils soyent à l’entour de mes armes,
N’ayant eu pour tous biens qu’honorable méchef *."
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(*mauvaise aventure)
Joli portait, encombré de verdures, que celui du capitaine de Lasphrise, alors retiré dans les environs d’Amboise. La gravure se découvre par hasard, placée après plusieurs textes des Premières Œuvres poétiques (1597). Le personnage est curieux (autant que son patronyme), exemple de ces soudards-poètes de la seconde moitié du XVIème siècle dont Yourcenar a tiré son Henri-Maximilien Ligre.
Il illustre un monde déjà fini, et jamais que très rhétorique, où il était donc question de paladins désargentés et de mérites symbolisés par des feuillages. Les "armes" ne sont pas moins désuètes, tel le bassinet sous la main gauche. La vie du capitaine de Lasphrise, potentiel Quichotte, s’était bien passée aux armées, à travers l’Europe des guerres de religion et jusqu’en Afrique du Nord, et de temps à autre à la cour.
Ses amours ressemblaient sans doute, enfin, à celles d’Henri-Maximilien Ligre : des vers de Lasphrise rendent compte des charmes de "mignons", comme de ceux de Noémie et de Renée.
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